01 oct

Interview : L’exceptionnelle générosité sociale du canton de Genève est associée à sa vigueur économique.

Isabel Rochat

AGEFI – mardi 1er octobre 2013

Dans la dernière ligne droite avant les élections au Grand Conseil et au Conseil d’Etat, Isabel Rochat, Conseillère d’état au département de la solidarité et de l’emploi, exposait ses vues dans le cadre du Career Women’s Forum (CWF) hier à Genève, après une courte introduction d’Hélène Gache, présidente de l’association. Son constat? «Nous vivons un tournant politique, économique et social». Pour cette ancienne du négoce international des matières premières – elle a travaillé dix ans respectivement chez André et chez Finagrain -, l’assiette fiscale de la République de Genève est primordiale.

Avec le déclin programmé d’une place financière solide il y a encore peu, Genève doit pouvoir continuer à s’appuyer sur ses entreprises. Petites, moyennes et multinationales. Les chiffres sont clairs. Chaque emploi du secteur des multinationales génère 1,6 emploi supplémentaire. Un emploi sur 9 à Genève provient du secteur financier. Genève est l’un des seuls cantons de Suisse à proposer des mesures d’assistance robustes à ses chômeurs. Les 53 EMS du canton fonctionnent à satisfaction et assurent une existence digne à une population vieillissante au sein de laquelle, dans moins de trente ans, une personne sur 5 aura plus de 65 ans. Le département de la solidarité et de l’emploi est très exposé car la pauvreté existe aussi et le soutien aux familles précarisées, qui peuvent difficilement assurer pleinement loyers, assurances-maladie et autres obligations, est un énorme enjeum pour un canton qui se veut généreux envers ses citoyens. L’exceptionnelle libéralité du canton de Genève – le budget de la solidarité et de l’emploi se monte à 1,7 milliards de francs – est associée à sa vigueur économique. Dans ce contexte, l’attractivité du canton doit être préservée et sa proposition de fiscaliser l’ensemble des entreprises à 13% pour éviter l’exode des multinationales (et la destruction d’un certain nombre de sociétés périphériques de taille petite et moyenne) est d’une importance cruciale. Isabel Rochat a bien en tête le calendrier de cette mutation fiscale. La proposition de Genève sera reprise par les chambres fédérales et soumise à une consultation dont le résultat devrait être connu d’ici fin 2015-début 2016. La mise en oeuvre durerait entre deux et trois ans, ce qui permet d’envisager l’aboutissement du projet en 2019. Les difficultés du secteur bancaire n’ont pas encore donné lieu à une vague de licenciements. Il est toutefois plausible que l’on assiste à une consolidation de ses acteurs, en particulier dans les fonctions de back-office. Ce qui risque de provoquer l’arrivée sur le marché du travail d’un contingent de personnel qualifié, ayant souvent dépassé la barre fatidique des cinquante ans. Privilégiant «la réinsertion à la rente», Isabel Rochat estime que l’Etat doit jouer un rôle incitateur auprès des entreprises pour les encourager à dépasser leurs préjugés et à réemployer ces talents expérimentés, une fonction que remplit l’Office cantonal de l’Emploi du département, dont la mission est notamment d’établir un partenariat fiable avec les entreprises.

L’ATTRACTIVITÉ DU CANTON DOIT ÊTRE PRÉSERVÉE ET SA PROPOSITION DE TAUX UNIQUE ÉVITERA L’EXODE DES MULTINATIONALES.

S’adressant à une assemblée naturellement composée de femmes, elle ajoutait que c’est aussi aux femmes de relever le défi posé par une époque caractérisée par un changement de paradigme, en s’appuyant sur la solidarité offerte par les réseaux professionnels et personnels mais aussi en exigeant une infrastructure de meilleure qualité, capable de leur permettre de concilier travail et vie de famille. Un point sur lequel la Suisse a encore des progrès à faire et où la carence de femmes dans les instances politiques se fait sentir. Interrogée sur la politique des quotas prônée par la Commissaire européenne Vivian Reading, Isabel Rochat déclarait ne pas la soutenir, considérant, une fois encore, que le rôle de l’Etat est de stimuler le changement mais non de l’imposer par une régulation trop restrictive portant atteinte à la liberté de choix des entreprises. Elle a toutefois confirmé que l’Etat de Genève menait une politique d’égalité absolue pour les 15.000 collaborateurs du Petit Etat et, qu’à équivalence de compétences, le choix se portait plutôt sur le recrutement de femmes dans le but de les promouvoir aux postes d’encadrement.

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02 mai

Un tournoi d’échecs féminin

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Le 2 mai 2013, s’est tenu à Genève, durant 15 jours, un tournoi d’échecs exclusivement réservé aux femmes et organisé par la fondation Neva qui oeuvre dans le cadre des relations entre la Russie et la Suisse. Comme on le sait, on joue aux échecs comme on agit dans la vie. C’est un jeu qui révèle la nature humaine et que j’apprécie particulièrement.