16 oct

« Politique d’innovation – Leader mondial grâce à la recherche et le développement « 

Isabel Rochat PLR suisse

Discours prononcé à l’occasion de l’Assemblée Des Délégués du PLR Suisse, le 12 octobre 2013

Dans le classement de compétitivité du WEF sorti en septembre 2013, la Suisse se retrouve au 1er rang, pour la 5ème fois depuis 2009.

Ce succès n’est pas le fruit du hasard. Le WEF salue l’environnement macro-économique de la Suisse comme étant l’un des plus stables au monde. Nous connaissons les facteurs qui font notre force. Il s’agit notamment du bon fonctionnement des marchés financiers et du travail, de la capacité de nos entreprises à attirer des talents, d’une administration publique efficace et transparente mais aussi et surtout d’un système éducatif de qualité, d’instituts de recherche performants et de notre capacité d’innovation. L’innovation est la clef de notre compétitivité. C’est d’ailleurs ce qui distingue notre pays de Singapour qui occupe la 2ème place du classement. Préserver et développer cette innovation est de notre responsabilité. Dans son papier de position, le PLR rappelle les acquis à défendre et propose des améliorations ciblées.

Il faut tout d’abord des conditions cadre avantageuses qui permettent à l’esprit d’innovation de s’épanouir. Ici comme dans d’autres domaines, le rôle de l’Etat n’est pas de prendre des mesures dirigistes mais bien d’offrir un cadre propice au développement de la compétitivité.

Notre pays est fortement connecté au plan international. Nous avons de nombreuses multinationales – celles localisées à Genève emploient plus de 70’000 personnes-, des hautes écoles de grandes qualité et des centre de recherche ou des projets de renommée internationale comme le CERN ou le Human Brain Project de l’UE sur lequel un événement vient d’ailleurs d’être tenu à l’EPFL. Comme vous le savez, nous devons souvent à des personnes d’origine étrangère une partie de nos brevets, des produits lancés et des entreprises créées. Cela milite pour un marché du travail libéral et ouvert qui permet d’accéder à une main d’œuvre qualifiée. Novartis, l’un de nos fleurons ici représenté, regroupe plus de 90 nationalités sur ses sites bâlois. Cette diversité est indispensable pour l’entreprise. Un autre élément fondamental en termes de conditions-cadre est la formation duale, enviée à l’étranger. Ce système d’éducation basé sur la pratique est une vraie richesse pour notre pays et permet aussi d’avoir un taux de chômage des jeunes si faible en comparaison internationale. Citons encore bien sûr la protection de la propriété intellectuelle ou encore un financement stable et suffisant pour la formation & recherche.

L’innovation, et la Recherche & Développement sur laquelle repose cette innovation, sont un atout stratégique essentiel. Le développement de l’innovation en Suisse ne peut se faire sans instituts de recherche publics et privés de haute qualité, diversifiés, évoluant dans un environnement favorable. La liberté de recherche doit être garantie. L’Etat ne doit pas intervenir dans les décisions prises par les instituts de recherche. Il doit favoriser des conditions cadre favorables à la recherche au lieu de la brider par des moratoires. Ainsi, nous pourrons nous enorgueillir à l’avenir encore d’avoir des instituts de recherche de niveau mondial. En Suisse romande, pensons notamment à l’EPFL, à l’université de Genève ou encore au Centre suisse d’électronique et microtechnique (CSEM). Savez-vous que la région lémanique est l’une des plus dynamiques dans le domaine de l’innovation, dans le secteur de la santé? Aujourd’hui, la Suisse romande attire 60% des investissements helvétiques en capital-risque dans le domaine des sciences de la vie.

Ces succès et nos performances en matière d’innovation, de recherche et de développement doivent aussi être mieux communiqués à l’étranger. Cela contribue à l’image favorable de la Suisse.

Mais des instituts de recherche de grande qualité ne suffisent pas à eux-seuls. Il faut bien sûr pouvoir ensuite commercialiser le fruit de l’innovation. Afin d’augmenter le taux de succès de l’innovation, il nous est essentiel d’imaginer des passerelles, d’améliorer des synergies entre les instituts de recherche, les start-up, les PME et les multinationales. Force est de constater que les innovations marquantes sont souvent issues de petites sociétés, qui de par leur structure souple, leur réactivité face au changement, et leur proximité avec des instituts de recherche peuvent rapidement développer des solutions nouvelles. Le partage du savoir entre les instituts de recherche et l’économie privée doit être plus orienté en faveur des PME. Dans le canton de Genève, le dispositif de soutien aux entreprises repose sur trois piliers: information, coaching et financement. Au niveau de la Suisse occidentale, quatre plateformes sectorielles ont été créées dans les domaines à haute valeur ajoutée que sont les sciences de la vie (BioAlps), les technologies de l’information et de la communication (Alp ICT), les micro- et nanotechnologies (Micronarc) et les technologies de l’environnement (CleantechAlps). Elles ont développé des synergies entre les Hautes écoles, les entreprises multinationales, le tissu économique local et le domaine institutionnel et constituaient un réseau de plus de 2’500 entreprises à la fin 2011.

Cette mise en réseau de l’économie et de la recherche permet de développer de magnifique projet. Dernier exemple en date à Genève: le projet de Campus Biotech. La vente de l’ancien site de Merck Serono va permettre d’apporter un nouvel élan et un investissement considérable au secteur de la biotechnologie dans la région lémanique. L’UNIGE et l’EPFL collaborent sur ce projet dans le domaine de la recherche biomédicale appliquée. Elles ne seront pas seules. Des start-up et des industries pourront bénéficier de cet environnement entrepreneurial exceptionnel. Ce projet est une nouvelle démonstration que la mise en réseau de l’économie et de la recherche est indispensable. A cet égard, il convient de réaliser rapidement un Parc suisse d’innovation proche de l’économie. Dans ce projet, il convient pour le canton de Genève de soutenir la création d’un réseau intégrant toutes les compétences académiques reconnues au plan international et ouvert.

Il faut aussi développer la pensée entrepreneuriale au niveau des hautes écoles, l’intégration de modules de gestion dans les plans d’étude ou encore la possibilité de développer des chaires privées. Il convient enfin d’optimiser la collaboration entre la commission pour la technologie et l’innovation et le fonds national suisse. La relation entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée doit être optimisée.

Revenons aux conditions-cadre. Il y a deux éléments fondamentaux que je n’ai pas encore abordés : la fiscalité et l’investissement.

De manière générale, notre pays est confronté à des défis majeurs en matière de fiscalité.  Comme vous le savez, nous devons trouver une solution rapide et durable au différend fiscal qui nous oppose à l’Union européenne. Cette solution doit être différenciée suivant les cantons car nos besoins ne sont pas les mêmes. A Genève, les entreprises au bénéfice des statuts représentent plus d’un cinquième de la valeur ajoutée cantonale. Pour Genève, notre porte de sortie est la baisse généralisée du taux d’imposition des entreprises. Pour d’autres cantons, comme Bâle-Ville où le poids de la pharma est déterminant, le modèle qui s’impose est celui d’une imposition privilégiée des bénéfices issus de la recherche et du développement avec un système de boxes d’innovation.

Voilà en tous cas une réponse pour certains cantons au différend fiscal et assurément un encouragement clair à l’innovation. Cette proposition peut être complétée par la suppression du droit de timbre d’émission.

Enfin, la disponibilité du capital est au cœur du problème. J’ai lu récemment dans un magazine économique l’histoire d’une entreprise fribourgeoise leader dans le domaine émergent de l’imprimante 3D. Cette petite entreprise de 7 collaborateurs, qui a comme client notamment l’université nationale de Singapour, doit affronter des concurrents telle que l’américaine Organovo qui vient de lever 46,6 millions de dollars sur le Nasdaq… Cela laisse songeur.

Les jeunes entrepreneurs doivent être encouragés, en particulier dans la phase de démarrage. C’est pourquoi un fonds d’innovation alimenté par des fonds privés doit être créé.

Voilà ainsi présentés les grands axes du papier de position : maintenir et améliorer les conditions-cadre ; promouvoir un environnement favorable à la recherche ; mettre en réseau l’économie et la recherche et enfin rendre attrayant fiscalement la recherche et développement et mise sur pied d’un fonds pour les jeunes entrepreneurs et mise en réseau des startups. Ainsi, nous pourrons développer notre compétitivité mais aussi des emplois. C’est là l’un des objectifs de la Conférence des Chefs de Département de l’Economie publique de Suisse occidentale: augmenter significativement la part de l’emploi dans les secteurs innovants, spécialement dans les secteurs technologiques et industriels à fort potentiel de développement et à vocation internationale. Les recommandations présentées aujourd’hui par notre parti devraient nous y aider.

Lire la suite

 

 

Article précédent Article suivant

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.